Synopsis

STING, le retour
par Pénélope


Photo Guido Karp

Le Sting nouveau est arrivé dans notre environnement sonore depuis quelques mois déjà avec son album "Brand New Day".

Sur ce nouvel album, les tendances musicales se succèdent pour le plus grand bonheur de chacun. Les chansons dans l'air du temps nous offrent l'occasion de partir à la découverte des principales réalisations de la carrière solo de cet artiste de caractère aux talents multiples.

Sting, de son vrai nom Gordon Matthew Sumner, est né le 2 octobre 1951 à Newcastle-upon-Tyne, en Angleterre.

Newcastle-Upon-Tyne, Angleterre
Photo Maryline Mathieu


Photo Maryline Mathieu
Aîné de quatre enfants, il fait ses premières armes musicales sur la guitare de sa soeur, et apprend rapidement à maîtriser une gamme d'instruments allant de la mandoline à l'harmonica et passant par le saxophone, le piano et la flûte de pan.
Sting immortalisé par la cire, à Londres chez Mme Tussaud...
Son domaine de prédilection reste cependant la basse, avec laquelle il partagera son succès de chanteur leader du groupe The Police pendant plusieurs années, et à qui il donne un nom, Brian.

C'est en 1985 que Sting fait son entrée en solo sur la scène musicale, avec un album aux sonorités jazzy, The Dream of The Blue Turtles. Cet album comporte le fameux Russians, qui se fait particulièrement remarquer, et change l'image du jeune rebelle chanteur en artiste engagé. Par la suite, Sting sert toutes les causes, dénonçant tour à tour les absurdités politiques meurtrières de la guerre froide (Russians), les massacres du régime Pinochet (They Dance Alone), ou encore la destruction de la forêt amazonienne (Fragile et le livre Amazonie, Lutte pour la vie).

Petit à petit, les albums prennent pourtant un aspect de plus en plus personnel et introspectif. Le plus parlant reste sans nul doute le formidable et mélancolique The Soul Cages, sorti en 1991. Dans une atmosphère rendue particulièrement pénétrante par la présence de Northumbrian pipes, Sting retrace la vie d'un fils d'ouvrier de Newcastle. Sans avoir véritablement vécu une telle situation, il connaît très bien ce milieu pour y avoir grandi. Il dédicacera d'ailleurs l'album à la mémoire de son père, lui rendant un hommage fort au travers de The Wild Wild Sea.

Tout en abordant des styles musicaux variés à l'occasion de chaque nouvel album, on ne peut pas véritablement dire que Sting a connu des périodes de création très distinctes, mais une rupture semble apparaître lorsqu'il sort Fields of Gold, une sélection de titres enregistrés pendant ses dix premières années de carrière solo.

A l'époque, beaucoup se demandent si ce "best of Sting" marque la fin d'une carrière. Le chanteur répondra simplement qu'il avait ce besoin de faire le point mais que rien n'est fini comme l'indique le pied de nez "You Still Know Nothing About Me" sur Ten Sumoner's Tales.

Deux ans plus tard, en 1996, Sting revient donc avec un album qui connaîtra un succès mitigé. Mercury Falling comporte cependant de petites perles de fraîcheur et des titres rayonnants, tels que Valparaiso et Lithium Sunset, des titres plein de vie.

C'est lors de la tournée qui accompagne la sortie de cet album que j'ai découvert Sting en chair et en os pour la première fois, à Lyon, le 5 avril 1996, une expérience forte !!

Le manque d'enthousiasme qui suit la sortie de cet album est probablement dû à la surprise du public : Sting se tourne vers des domaines plus sociaux qu'il ne l'a fait jusqu'ici, vers des préoccupations quotidiennes. Il aborde la place du père dans les divorces par exemple (I'm So Happy I Can't Stop Crying), ou encore ses bonheurs de papa avec sa fille âgée de 4 ans à l'époque (All Four Seasons), le tout encadré par une touche de spiritualité (I Was Brought To My Senses ainsi que Let Your Soul Be Your Pilot).

Sensiblement, Sting touche un public de plus en plus large, et se transforme... Il est amusant de penser que l'animal symbole de Sting est la guêpe, alors qu'il a tout d'une chenille qui se mue en papillon ! (mais pourquoi donc a-t-il choisi de porter ce T-Shirt jaune et noir pendant les répétitions ?!?).

Avec son dernier album, Sting sort définitivement de sa chrysalide : Brand New Day consacre son talent avec un son nouveau, décrié pour être "trop commercial". A la vérité, Sting nous surprend une nouvelle fois, en s'ouvrant sur des tendances musicales nouvelles.

BRAND NEW DAY


Photo Guido Karp

J'ai eu la chance de suivre Sting pendant deux de ses concerts du Brand New Tour, en janvier et février 2000. Un régal pour les oreilles et les yeux.

Après une ouverture hypnotisante sur "A Thousand Years", Sting passe sans difficultés, du rap (en français dans le texte !) au raï, mêle la country au gospel, nous emmène en ballade à la découverte de nouvelles sensations sur des titres plus anciens revus et corrigés avec génie, tels que "Moon over Bourbon Street" interprété façon blues. Des moments magiques où l'on sent le chanteur entièrement dévoué à sa musique, face à un public véritablement attentif.

La recherche et la performance sont aussi bien apparentes sur scène que sur l'album. Jusqu'ici, Sting s'appliquait à interpréter ses titres sur scènes en collaboration étroite avec ses musiciens. Cette fois, il recrée plusieurs titres, leur donnant un souffle "parallèle". Cet effort est nécessaire, la plupart des titres faisant appel à un style narratif. C'est ainsi qu'on retrouve Sting croisant subtilement les personnages au sein d'une même chanson, comme par exemple dans "Fill Her Up", où il devient à la fois pompiste, client, et.... Dieu ! L'interprétation de ce titre durant le concert m'a particulièrement touchée, grâce notament à sa mise en scène soignée. La chanson débute sur un rythme de country endiablé dans une atmosphère aux couleurs chaudes, jusqu'à la transition vers le calme d'un chant gospel et de lumières bleues. A cet instant précis, il est impossible de rester insensible à la magie des combinaisons.

Sting est à ma connaissance l'un des rares artistes actuels à ne pas être seulement au service de lui même mais surtout au service de sa musique, à lui donner priorité en cherchant la qualité et les sensations. A chaque concert auquel j'ai pu assister, j'ai été heureuse de constater que Sting est accompagné de musiciens de qualité, et qu'il leur laisse la parole.

Photo Guido Karp

En 1996, Sting nous présentait son "protégé", le guitariste Dominic Miller, devenu en quelque sorte son bras droit. Cette fois ci, c'est au tour de Chris Botti et sa trompette de faire son entrée sur le devant de la scène et de nous vibrer et partager ses émotions. Sting a su s'entourer de talents directement sur l'album "Brand New Day" : James Taylor, Stevie Wonder, Cheb Mami, Manu Katché et Sté (la jeune rappeuse Française de Perfect Love... Gone Wrong) ont tous contribué activement à la naissance de l'ambiance particulière de l'album qui restera pour beaucoup "l'album ouvrant le nouveau millénaire".

© Maryline Mathieu et Guido Karp pour le texte et les photos, 2000

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